Kinshasa-RD Congo
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La presse de Kinshasa est dominée ces derniers jours par la décision du président de l’Udps, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, de révoquer le secrétaire général du parti, Bruno Mavungu, de ses attributions de secrétaire général de l’Udps. Cette décision a ressuscité tous les termes généralement utilisés pour désigner l’homme de la 10è rue. En parcourant cette presse qui annonce la déchéance de l’ancien numéro deux de ce parti, deux noms attribués à l’homme fort de l’Udps ont attiré mon attention : le sphinx de Limete et le lider maximo de l’Udps. ‘’Le sphinx de Limete a limogé le secrétaire général de son parti’’, ‘’Udps : le lider maximo reprend les choses en main’’, pourrait-on lire par ci par là.

 

En parcourant la littérature dont les dictionnaires Larousse et Petit Robert, il y a lieu d’être surpris que ce grand parti qui se dit démocratique ait accepté longtemps que son leader puisse être ainsi qualifié. Le sphinx est ‘’un monstre de la Fable pour affliger le pays’’, ‘’un monstre fabuleux. Une représentation artistique de ce monstre’’, ‘’une personne impénétrable ; un individu habile à poser des questions difficiles, des problèmes’’, ‘’une figure fabuleuse de la mythologie égyptienne, puis grecque’’, ‘’le père de la terreur’’.

En Egypte, le sphinx de Gizeh est une statue monumentale constituée du visage humain d’un pharaon et du corps très allongé d’un lion, qui se dresse devant les pyramides du site de Gizeb, en amont du delta du Nil, en  Basse-Egypte, à proximité de la ville moderne du Caire.

Le lider maximo, ‘’c’est pour exprimer un dictateur qui a le maximum de pouvoir’’. Et on précise dans cette littérature fouillée que ce sont les Etats-Unis d’Amérique qui avaient ainsi surnommé le leader cubain du fait d’avoir imposé dans son pays, un pouvoir dictatorial.

Après cette lecture, il y a lieu de relever le fait que tous les qualificatifs malsains de monstre, père de la terreur, l’homme qui pose plus de problèmes qu’il en résolve, dictateur, se cachent derrière les qualificatifs attribués à Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

Serait-il le fait d’un hasard ou c’est l’image de l’homme de la 10è rue (pétunias), Limete ? Pourquoi ses cadres, militants et frères se plaisent à accepter avec beaucoup plus de fierté ces qualificatifs qui sont, en réalité, des injures à l’égard de leur leader qu’ils ont souvent voulu présenter comme le père de la démocratie congolaise ?

Liens entre parcours politique et qualificatifs !

Quand on examine le parcours et la vie politique du leader de l’Udps, on constate facilement que ces deux sobriquets ne lui sont pas attribués au hasard. Une analyse froide montre des rapprochements entre l’homme et les qualificatifs. Il est un véritable sphinx du fait qu’il a toujours constitué un problème au lieu d’être une solution. Il a toujours entretenu la terreur tant au sein de son parti politique, sa famille politique que face à ses adversaires dont le pouvoir.

Au sein de son parti politique, de secrétaire national chargé de l’organisation, il a réussi à s’imposer coprésident du parti avant de terroriser les autres fondateurs jusqu’à arracher le parti à son seul profit. Au sein de la famille politique, de l’Usor à l’Usoral, l’Usoras, l’Asd et aujourd’hui Rassemblement, il a toujours terrorisé ceux qu’il qualifie quand il le désire de partis alimentaires. Face au pouvoir et aux adversaires, c’est la manière forte et la terreur qu’il a toujours imposées comme stratégies de positionnement laissant ses militants violenter ceux qui ne sont pas de son obédience.

En véritable lider maximo, c’est-à-dire dictateur, Etienne Tshisekedi a été à deux reprises, en 1960 et en 1965, membre des gouvernements issus des coups d’Etat contre la démocratie. Il a toujours été aussi adepte de la pensée unique. Ainsi, a-t-il inspiré et conduit le président Mobutu dans cette voie jusqu’à ce que la perte de privilèges politiques auprès de Mobutu l’ont transformé en véritable aigri plutôt qu’en opposant politique. Il a toujours voulu imposer à tous sa seule vision des choses, et s’est toujours cru doté d’un pouvoir divin de principal opposant jusqu’à faisant croire que l’opposition, c’est lui.

Au sein de l’Udps, il a toujours laissé ses ‘’combattants’’ s’en prendre violemment à ceux qui lui font ombrage ou ceux qui lui font des observations. Transformé en une affaire personnelle, l’Udps ne peut fonctionner que selon ses humeurs, et Il n’hésite pas de nommer qui il veut, quand il veut ; et à révoquer qui il veut et quand il veut. Tout comme il n’a jamais voulu rendre compte du fonctionnement du parti ainsi que des engagements pris avec des partenaires, il n’est jamais disposé de tolérer des contestations, et il n’hésite pas, pour ce faire, à révoquer les contestataires du parti.

Nombreux sont les secrétaires généraux et présidents fédéraux qui en ont payé les frais. La révocation des quatre présidents fédéraux de l’Udps/Kinshasa qui avaient contesté la nomination de l’équipe Mavungu est encore fraiche dans nos mémoires. Il y a lieu de se rappeler qu’un certain 5 novembre 2012, après avoir chassé Shabani du poste pour ‘’détournement’’ de 200.000 dollars Us, il avait plu au lider maximo, par décision n°104/UDPS/PP/012, de procéder à la nomination des organes dirigeants du parti, élevant Bruno MAVUNGU au poste de secrétaire-général, secondé par 4 secrétaires généraux adjoints, dont Bruno Tshibala, Félix Tshisekedi et Kankonde. Avec le départ de Mavungu, saura-t-il démettre toute l’équipe dont le fils Félix Tshisekedi Tshilombo ? 

Qui a dit alternance crédible ?

Il est fort surprenant que l’Udps qui ne manque pas de cadres parmi ses militants puisse être incapable de percer le mystère des termes qu’ils utilisent pour appeler le président du parti, des termes qui contredisent l’image qu’ils ont toujours voulu présenter de leur chef, l’image du père de la démocratie au Congo. Ainsi, ce parti vit une contradiction profonde entre la démocratie qu’il prétend prôner, les qualificatifs du chef du parti et les pratiques au sein du parti qui sont difficiles à rapprocher de la démocratie.

Les pères de l’Udps, une fois ressuscités, ne vont plus reconnaitre ce parti qu’ils avaient voulu démocratique, mais dirigé aujourd’hui par un sphinx, un lider maximo, c’est-à-dire, un père de la terreur, pour ne pas dire un terroriste, un dictateur. Et ceux qui pensent à l’alternance à la tête du pays doutent fort que le sphinx soit l’alternative crédible pour la poursuite d’un processus démocratique dans le pays.

Tshibambe Lubowa

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