Kinshasa-RD Congo
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Ça ne fait que se confirmer. Depuis qu’ils ont eu à piloter les pourparlers du centre interdiocésain, les princes de l’Eglise catholique sont devenus malades de politique.

 Le sevrage leur imposé par le Chef de l’Etat n’arrive pas à passer. La drogue des postures politiciennes est plus forte que la beauté, la pureté de l’évangile biblique.

 La Cenco ne rate plus jamais l’occasion de se signaler à l’opinion nationale, non plus comme un berger spirituel, mais comme une composante politique de la scène nationale congolaise.

 Du coq à l’âne

 La dernière sortie en date de la Cenco continue d’étonner plus d’un observateur sérieux. Comme s’ils étaient acteurs dans le processus électoral, les Evêques se sont autorisés une intrusion dans ce secteur sensible. Concernant principalement la machine à voter.   

 Ils ont en effet déclaré, le jeudi 24 mai : “La CENCO remarque que le fait que l’opinion est divisée sur l’utilisation de la machine à voter ne rassure pas la tenue des scrutins dans les bonnes conditions. Pour cela, elle souhaite vivement que les travaux de la certification de ces machines qui devraient être faits avec l’appui de la Grande Bretagne puissent être conclus avant la fin du mois de juillet, pour qu’en cas de renonciation éventuelle à cette machine, la CENI puisse être à mesure de s’employer pour l’impression des bulletins de vote tel que prévu dans le calendrier électoral (cf. lignes n°38, 39 et 40)”.

 Les princes de l’Eglise dite universelle se sont publiquement trahis. Ils ont un camp et ne savent pas tenir le pari de l’impartialité requise pour les bergers.

 De manière très subtile et malicieuse, ils appellent à la certification de la machine, mais persistent à n’envisager qu’une seule possibilité : la disqualification de la machine. L’honnêteté intellectuelle les obligeait à envisager aussi la possibilité du blanchiment de la machine.

 Impossible pour eux de jouer franc et honnête jeu. Ils ont cessé d’être le phare chargé d’éclairer la cité. Ils ont choisi de prendre part au jeu. D’entrer sur le ring en renfort à un des deux protagonistes.

 Cette dangereuse posture a fait perdre le sens de la mesure et du jugement aux évêques. Ils fonctionnent désormais au gré d’une scandaleuse confusion des formes et des contenus.

 En témoigne cette déclaration cavalière à l’actif de la Cenco : « Le peuple congolais a pris acte de la déclaration solennelle de ce dernier [Ndlr : gouvernement] de disposer des moyens nécessaires de financer seul les élections. Les raisons financières ne devraient donc pas être évoquées pour justifier un éventuel report des élections».

 Supercherie

 Jamais organisation humaine n’est allée aussi loin dans l’imposture. La Cenco invoque le peuple. Manière d’insinuer que tout ce qu’elle fait bénéficie de la caution du peuple.

 Mais à quelle occasion l’Eglise catholique a-t-elle officiellement reçu son mandat politique actuel du peuple ? Les princes de cette église sont coupables de supercherie.

Il ne faut pas confondre l’engouement des militants fanatisés de l’opposition, ainsi que les commentaires  partisans des médias occidentaux, avec la ferveur populaire. Car, comme on le sait, outre-mer, les médias sont devenus spécialistes du catalogage des acteurs sous les tropiques. Par pur enchantement, ils ont décidé de faire de l’Eglise catholique la première force mobilisatrice de l’opinion nationale.

Le dépeuplement massif des pâturages catholiques, la perte totale du prestige et de la crédibilité de ces derniers au sein de l’opinion, ne compte nullement pour ces médias.

Fort malheureusement, l’Eglise qui connaît la vérité, qui sait que ceux qui gonflent son prestige se basent sur des statistiques complètement dépassées, préfèrent se taire et entretenir la confusion.

Sachant très bien que la plupart des millions de fidèles qu’on lui impute, sont en fait d’anciens baptisés qui ont depuis très longtemps dépeuplé le navire.

Comment dès lors s’étonner des dérives provoquées par ces vigiles spirituels qui ont délibérément choisi de quitter leur poste ? Sur un autre registre, celui d’un simple débat d’école qui fait en ce moment rage autour de la possible candidature de Kabila à la prochaine présidentielle, Donatien N’shole se fend d’un : «Les évêques ne peuvent jamais soutenir cela, ça nous éloigne de l’accord, ce sont des pratiques qui risquent de faire appel à des manifestations, et créer des troubles ».

Il poursuit en disant : « la série de déclarations que l’on enregistre de la part de certains ténors de la MP qui évoquent la possibilité d’un autre mandat pour l’actuel président de la République, au grand mépris de notre chère Constitution et de l’accord de la Saint Sylvestre qui est clair à ce sujet ».

Les Evêques refusent d’apporter leur soutien au débat soulevé. Mais qui a requis leur soutien ? Elle est franchement triste leur façon de vouloir s’imposer à l’histoire, sans que ce dernière leur ait un seul instant donné droit au chapitre.

 MAGG MIKOMBE

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